Principes d’Investissement en Bourse

17 03 2008

Voici quelques principes incontournables pour investir en Bourse.

L’application de ces principes n’ont pas pour effet de faire gagner à tous les coups mais à réduire le risque liè à l’évolution des marchés.
Ils ne sont pas exhaustifs mais représentent déjà un bon début afin de comprendre la philosophie des investissements financiers.

Connaitre son aversion au risque

Qu’est ce que l’aversion au risque ?

L’aversion au risque est le niveau de risque que vous êtes prêt à accepter.
Une aversion forte au risque signifie que vous supportez peu le risque et inversement une aversion faible au risque sous-entend que vous êtes prêt à prendre des risques importants.

L’aversion au risque peut être classée en trois catégories :

  • Faible
  • Moyenne
  • Forte

Une fois son aversion au risque évaluer, il est possible de choisir ses produits d’investissements.

Il est important de prendre conscience que les rendements sont proportionnels aux risques encourus : plus le risque est grand, plus les gains/pertes potentiels peuvent être importants.

Certains produits sont à éviter ou à préviligier suivant son aversion au risque, voici les 3 grandes familles de produits pouvant être utilisées:

  • Actions

Les Actions étant des produits avec une forte volatilité, il est préférable de choisir ce mode d’investissement dans les stratégies ayant une faible aversion au risque.
Il est en effet possible de gagner beaucoup rapidement mais également de perdre beaucoup.

  • Obligations

Les Obligations sont à considérer dans les stratégies à moyenne ou forte aversion au risque (cela dépendra de la solidité du sous-jacent).
Ces produits permettent de récupérer des intérêts à une périodicité prévue sur une durée déterminée.
Le risque lié à ces investissements est la cessation de paiement du sous-jacent (état, compagnie, …).

  • Monétaire

Le Monétaire est considéré comme un investissement peu risqué et donc à utiliser dans les politiques à forte aversion au risque.

La diversification, la clé contre toutes les crises (ou presque)

S’il faut en retenir un seul mot c’est bien celui là : DIVERSIFICATION !

Comme le dit si bien l’adage : « Il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ».

La diversification en Bourse consiste à investir sur des compagnies différentes, des secteurs d’activités différents, des zones géographiques différentes, …

Cela permet de ne subir que partiellement une crise d’un secteur d’activité ou présent dans une zone géographique.

Prenons l’exemple de la bulle Internet à la fin des année 90 :
Cas 1 : les personnes ayant investis uniquement dans des valeurs technologiques pouvaient avoir un portefeuille valorisé à plusieurs millions à la fin des année 90. Lorsque la bulle Internet a éclaté, leur portefeuille s’est effondré pour atteindre une valorisation quasi nulle.
Cas 2 : les personnes ayant investis en partie dans des valeurs technologiques et en partie dans des valeurs dites traditionnelles, avaient certainement un portefeuille valorisé moins important que ceux du ‘cas 1’, cependant, lors de l’éclatement de la bulle Internet, leurs investissements sur les sociétés traditionnelles ont permit de garder une bonne valorisation de leur portefeuille (même si les valeurs technologiques ce sont effondrées, les valeurs traditionnelles ont continuées à croitre).

Investir dans le temps

Investir dans la durée est également une règle à appliquer afin de limiter les pertes dues à l’évolution des marchés.

Le principe : investir petit à petit.

Exemple sur l’action YAHOO : nous souhaitons investir sur cette action et acquérir 2 000 action Yahoo, nous avons 2 possibilité :

  • acheter les 2 000 actions en même, nous exposons fortement à un retournement du marchér
  • acheter 5 fois 400 actions à différentes dates

Voici 2 illustrations représentant 2 évolutions de marché différentes :

Evolution du cours de l’action Yahoo entre Septembre 2007 et Mars 2008 (source graphique et historique des cours : Google Finance) :

Action Yahoo

  • 1. Cas losange jaune : achat en Septembre 2007 / vente en Février 2008
    • Achat de 2 000 actions Yahoo en Septembre 2007
      Cours de l’action = 25.73
      Valeur du portefeuille = 51 460 (= 25.73 * 2 000)Vente de 2 000 actions Yahoo en Février 2008
      Cours de l’action = 28.42
      Valeur de la transaction = 56 840
      Plus-value réalisée = 5 380 (= 56 840 – 51 460)
    • Achat de 400 actions Yahoo en Septembre 2007
      Cours de l’action = 25.73
      Valeur du portefeuille = 10 292Achat de 400 actions Yahoo en Novembre 2007
      Cours de l’action = 26.82
      Valeur du portefeuille = 21 020 (= 10 292 + 26.82 * 400)

      Achat de 400 actions Yahoo en Décembre 2007
      Cours de l’action = 25.20
      Valeur du portefeuille = 31 100

      Achat de 400 actions Yahoo en Janvier 2008
      Cours de l’action = 23.72
      Valeur du portefeuille = 40 588

      Achat de 400 actions Yahoo en Février 2008
      Cours de l’action = 28.38
      Valeur du portefeuille = 51 940

      Vente de 2 000 action Yahoo en Février 2008
      Cours de l’action = 28.42
      Valeur de la transaction = 51 940
      Plus-value réalisée = 4 900

    • En résumé :
      En appliquant un principe de prudence en investissant dans la durée nous obtenons une plus-value de 4 900 contre une plus-value de 5 380 en achetant les 2 000 actions d’un coup.
      Ce cas permet de montrer que la différence de plus-value n’est pas forcément significative.
  • 2. Cas cercle vert : achat en Octobre 2007 / vente en Février 2008
    • Achat de 2 000 actions Yahoo en Octobre 2007
      Cours de l’action = 30.64
      Valeur du portefeuille = 61 280Vente de 2 000 actions Yahoo en Février 2008
      Cours de l’action = 28.98
      Valeur de la transaction = 57 960
      Moins-value réalisée = – 3 320
    • Achat de 400 actions Yahoo en Octobre 2007
      Cours de l’action = 30.64
      Valeur du portefeuille = 12 256Achat de 400 actions Yahoo en Novembre 2007
      Cours de l’action = 26.10
      Valeur du portefeuille = 22 696

      Achat de 400 actions Yahoo en Décembre 2007
      Cours de l’action = 23.64
      Valeur du portefeuille = 32 152

      Achat de 400 actions Yahoo en Janvier 2008
      Cours de l’action = 22.56
      Valeur du portefeuille = 41 176

      Achat de 400 actions Yahoo en Janvier 2008
      Cours de l’action = 20.81
      Valeur du portefeuille = 49 500

      Vente de 2 000 actions Yahoo en Février 2008
      Cours de l’action = 28.98
      Valeur de la transaction = 57 960
      Plus-value réalisée = 8 460

    • En résumé :
      En appliquant le principe de prudence et en investissant au fur et à mesure dans le temps, nous arrivons à lisser le prix d’achat de l’action et nous dégageons une plus-value importante après la vente des actions alors qu’avec un unique achat nous serions ressorti avec une moins value.

    Se couvrir pour protéger ses investissements

    Il est possible d’utiliser les produits financier pour couvrir/protéger ses investissements.

    Les options sont des produits permettant de mettre en place des stratégies de couverture.

    Qu’est ce qu’une option :

    Une option vous donne le droit d’acheter ou de vendre une action à une date fixée et à un prix fixé. Pour avoir se droit nous allons payer une prime à la contrepartie.
    Nous parlons alors d’Option d’achat ou Call et d’Option de vente ou Put.

    Exemple Call Yahoo :
    Le 14 Mars, l’action Yahoo cote à $26.71.
    Nous anticipons une hausse de l’action Yahoo dans les 6 mois à venir.
    Nous allons alors acheter un Call Yahoo d’une durée de 6 mois et de strike (montant de transaction) à $28.
    Arrivée à échéance, 2 cas se présente :

    • L’action Yahoo cote au dessus des $28 (à $35), nous exerçons le call et achetons des actions Yahoo $28, nous les revendons tout de suite au prix du marché (à $35), nous effectuons alors une plus-value de $8 par action.
    • L’action Yahoo cote en dessous des $28 (à $26), nous n’exerçons pas le call car il est plus avantageux d’acheter les actions sur le marché.

    Les Options permettent également de couvrir les investissements :
    Nous possédons un portefeuille d’action Google, nous pouvons acheter un put sur l’action Google nous permettant de vendre les actions Google à un prix déterminé à l’avance (par exemple : au prix d’achat de nos actions).





    Comprendre la crise des Subprimes

    19 02 2008

    La crise des Subprimes a touché le monde de la finance en août 2007.

    Les conséquences n’ont pas été immédiates et les impacts sur l’économie des sociétés et des pays ne sont toujours pas connus.

    Avant de revenir sur l’origine de la crise et son effet boule de neige, comprenons ce qu’est un « Subprime ».

    Les Subprimes

    Les Subprimes sont des crédits immobiliers hypothécaires à risques.
    En quelques mots simples, son principe permet à une personne d’acheter un bien immobilier à un taux d’intérêt fixe particulièrement faible les 2 premières années (par ex : 1.45%) puis de basculer ensuite sur un taux variable contenant une prime de risque (ex : 8%). En contrepartie, le bien immobilier est hypothéqué.

    Dans ce cas, les crédits sont attribués après examen de la valeur du bien immobilier désiré contrairement aux pratiques françaises où les banques accordent un crédit suivant la solvabilité de l’emprunteur.

    Les mensualités de remboursement augmentent de manière significatives après la deuxième année, rendant impossible à la plupart des acheteurs de rembourser leur prêts.
    Ces derniers vendaient leur bien immobilier avec une plus-value (le marché immobilier américain augmentant de 10% par an) leur permettant de rembourser l’emprunt et les intérêts et de, pourquoi pas, reprendre un crédit Subprime sur un autre bien immobilier.

    La baisse du marché immobilier américain

    Les bénéficiaires des Subprimes souhaitant vendre leur bien immobilier au bout des 2 ans se sont confrontés en 2007 à la baisse du marché immobilier américain.
    La valeur du bien immobilier a diminué depuis son achat : la vente ne permet plus de rembourser le crédit Subprime.

    L’emprunteur du crédit Subprime se déclare en faillite personnelle, la banque récupère la maison et la met en vente. Elle sera vendu avec une perte importante pouvant aller à plus de 20%.

    A lété dernier, près de 1,5 millions de procédures de déclaration de faillite personnelle étaient en cours et d’après le Sénat américain près de 3 millions de ménages pourraient perdre leur logement.

    L’effondrement des Organismes Spécialisés…

    Les organismes de Crédit spécialisés dans les Subprimes voient les défauts de remboursement s’accumuler et engendrent des pertes énormes dues aux moins-values effectuées sur la vente des maisons saisies.

    Ces pertes significatives ont causé la faillite de plus d’une trentaines d’organismes de crédit, ceux toujours présents provisionnent des montants de pertes de plusieurs centaines de millions de dollars.

    …annonce une crise financière

    Les organismes de crédits spécialisés dans les Subprimes s’écroulent et le monde de la finance suit.
    Quel lien existe-t-il entre le marché immobilier américain et l’économie mondiale ?

    La réponse se trouve dans le mot « Titrisation »

    La Titrisation

    Pour résumer, la titrisation consiste à transformer ses créances ou d’autres actifs en titres financiers que l’on peut ensuite échanger sur les marchés financiers.

    Pour financer ces crédits, les organismes spécialisés transformaient les prêts à risque accordés à leurs clients en produits financiers qui allaient être échangés sur les marchés financiers.

    Les produits financiers créés étaient classés dans la catégorie des produits à risque et comme tout produits risqués les plus-values potentielles sont beaucoup plus importantes que d’autres produits sans risque.

    Tant que le marché immobilier américain était en hausse ces produits immobiliers rapportaient de l’argent mais plus depuis l’été 2007.

    Qui sont les clients de ce type de produit financier ?

    Tout ceux souhaitant générer des plus-values importantes en acceptant un risque élevé.
    On y retrouve essentiellement des banques (américaine, française, …) mais également des institutionnels.

    Impacts

    Hors certains véhicules financiers, groupes de produits financiers vendus, étaient assez opaques permettant de les « remplir » de produits financiers variés sans en préciser la nature : comme des subprimes « titrisés ».

    Les banques et les institutionnels achetaient des produits financiers sans savoir que ces derniers contenaient des produits liés aux Subprimes.

    Ce point déclenche de nombreuses conséquences :

    • Un grand nombre de banques (voir toutes les banques) possèdent dans leurs portefeuilles des produits liés aux Subprimes entrainant la chute de la valeur de leur portefeuille suite à la crise des Subprimes : les OPCVM de BNP Paribas fermés durant l’été ne sont qu’un exemple.
    • Ne pouvant identifier clairement les véhicules financiers achetés contenant des produits liés aux Subprimes, aucune Banque, aucun investisseur, n’est capable de mesurer l’impact réel de la crise sur leurs portefeuilles : les estimations sont effectuées au fur et à mesure comme celle de la Société Générale qui en janvier 2008 a annoncé 2.05 milliards d’euros de dépréciation d’actif.
      Les défauts de remboursement des crédits Subprimes aux Etats Unis ne faisant que commencer, les premières dépréciations passées par les investisseurs ne sont que le commencement de la crise.
    • Les banques ne sachant pas évaluer leurs pertes liées aux Subprimes, les faillites de plusieurs dizaines d’organismes de crédit à risque et la tension sur les marchés poussent les banques à un comportement extrêmement méfiant entre elles et n’osent plus se prêter de l’argent de peur de ne pas être remboursées suite à une hypothétique faillite de l’emprunteur.

    La crise de l’été 07 et après…

    La crise de l’été 2007 va provoquer de nombreuses remises en question et mettre en cause des systèmes déficients :

    • l’un des acteurs clés de la finance est pointé du doigt, il s’agit des agences de notation qui n’ont pas su anticiper la baisse du marché immobilier américain et abaisser la note des organismes de crédits à risque.
    • la non transparence des véhicules financiers liés aux subprimes et leur mauvaise catégorisation sont également remis en cause : certains véhicules étaient classés en produit monétaire correspondant à des produits à risque faible.

    Certains acteurs sont à surveiller :

    • les réhausseurs de Crédits : dernière digue contenant la crise, ces organismes voient en ce moment leur note se dégrader entrainant de nouvelles dépréciations d’actifs.
    • les Banques Centrales : la réaction de la FED qui avait décidé d’abaisser sont taux directeur au début de la crise a permis aux marchés de reprendre du souffle.

    .

    ps : pour toute demande d’information complémentaire ou réaction n’hésitez pas à laisser des commentaires.




    Comprendre le scandale de la Société Générale

    8 02 2008

    La fraude dont la Société Générale a été la cible est historique de part le montant des pertes (4,9 milliards d’euros) et de part l’impact en terme d’image.

    Pour rappel, la Société Générale est l’une des premières banques européennes.
    Ses activités bancaires se composent essentiellement en deux catégories :

    • la banque de détail : ce sont les agences que nous voyons dans la rue, où tout particulier peut ouvrir un compte pour y déposer de l’argent et bénéficier de services bancaires : carte bleu, chèque, prêt, …
    • la banque de financement et d’investissement : une banque dans la banque dont le rôle est de financer les projets des entreprises, investir sur les marchés financiers au nom des clients de la banque ou au nom de la banque (on parlera alors d’opération pour compte propre).
      La baque de financement et d’investissement de la Société Générale s’appelle la Société Générale Corporate and Investment Banking ou SGCIB (prononcer sguibe).
    • d’autres activités bancaires : gestion d’actifs, …

    La fraude a été effectué par un trader (trader : personne qui achète/vend des produits financiers sur les marchés financiers dans le but d’en retirer un gain) travaillant dans le service des dérivés actions de la Société Générale et plus précisément dans la cellule Arbitrage sur les indices Européens (les dérivés actions sont des produits financier permettant de prendre un pari sur la hausse ou la baisse d’une action, par exemple, si je pense que le cours de l’action France Telecom va baisser dans 3 mois, il existe un produit financier que je peux acheter qui me permettra de gagner de l’argent si le cours de l’action France Telecom a effectivement baissé dans 3 mois, on parle alors d’un ‘put sur l’action France Telecom’ -à l’inverse, si je pari sur la hausse d’une action j’acheterai un ‘call sur l’action France Telecom’-).

    Qu’est ce que l’Arbitrage :

    Le principe d’arbitrage consiste à profiter de la différence de prix sur les différents marchés financiers pour en tirer un gain, par exemple, un produit financier cotée sur deux marchés financiers différent (Londres et Paris par exemple) aura un cours pratiquement équivalent, l’arbitrage consiste à jouer sur ce ‘pratiquement’ en achetant le produit sur le marché le moins cher et en le revendant sur le marché le plus cher.
    Le gain sera peu important mais répéter de nombreuse fois, l’arbitrage peut rapporter beaucoup.
    L’arbitrage est une opération sans risque car lorsqu’une position est prise, son opposé l’est également : lorsque je constate un écart de prix sur deux marchés, j’achète sur le marché A et revend immédiatement sur le marché B. Le risque est donc maîtrisé.
    L’arbitrage sur les indices fonctionne de manière identique, seul le sous-jacent (l’action, l’indice, … concerné) change.

    Comment le trader J.K. a t il pu alors perdre 4,9 milliards d’euros ?

    Si l’on suit les principes d’arbitrage énoncés ci-dessus, on peut logiquement se demander comment une telle perte a t elle pu se produire ?

    Le fait est que le trader J.K. effectuait la moitié de la transaction d’arbitrage, il achetait et faisait croire qu’il vendait en créant de fausses opérations de vente.
    Pour les contrôleurs, l’opération d’arbitrage était correctement effectuée mais en réalité l’indice que J.K avait achetait pour le revendre était toujours présent dans les comptes de la banque.

    Des connaissances passées exploitées

    Le jeune trader J.K. a un profil différent de ces collègues traders, il avait précédemment travaillé au Middle Office de la SGCIB (le Middle Office est le service contrôlant constamment le travail des traders, vérifiant que les risques qu’ils prennent sont limités et correctement couverts).
    Son passé au Middle Office lui a appris les contrôles effectués : quand ils étaient effectués et les différents type de contrôles utilisés. Il a ensuite utilisé ses connaissances pour masquer ses opérations frauduleuses durant les contrôles.