Le risque systemique

25 09 2008

Depuis mi-2007 et le début de la crise des Subprimes, le monde de la finance est entré dans une phase de crise de confiance provoquant la faillite de grandes et prestigieuses banques : Lehmann Brothers en est qu’un exemple.

Il existe un risque encore plus dangereux que le risque lié à la perte de confiance dans le secteur bancaire : le risque Systémique.

Le secteur financier est un secteur très particulier où les banques sont à la fois concurrentes et partenaires de travail.
En effet, le marché interbancaire permet aux banques ayant trop de liquidité de prêter cet argent à court terme à des banques ayant besoin de liquidité.
Chaque banque prête donc de l’argent à une autre et en même temps emprunte de l’argent à une troisième.
Toutes les banques sont liées entre elles par ses Prêts/Emprunts interbancaires : si une banque fait faillite elle ne pourra pas rembourser les emprunts qu’elle a souscrits auprès des autres banques pouvant mettre en difficulté financière ces dernières.

Prenons un exemple simplifié et tout à fait fictif :
La BNP a un besoin en liquidité à court terme, en tant qu’établissement financier elle peut emprunter de l’argent sur le marché interbancaire. La Société Générale lui prête les 100 millions souhaités.
Avant le remboursement de son emprunt, la BNP découvre que l’un de ses traders a pris des positions non autorisées au delà de ses limites et se retrouve obligé de vendre les positions interdites du trader provocant une perte de plusieurs dizaines de milliards. Les pertes trop importantes poussent la BNP à se mettre en faillite.
La BNP ne peut plus honorer sont engagement avec la Société Générale et cette dernière en caisse donc une perte de 100 millions. L’environnement économique étant difficile ces temps si, pour la Société Générale cette perte d’argent lui est fatale et met également la clé sous la porte.
Or la Société Générale avait également emprunté de l’argent sur le marché interbancaire et ne peut donc plus rembourser ses emprunts.
Maintenant imaginez cette situation sachant que chaque banque a plusieurs emprunts en cours auprès de banques diverses et a prêté de l’argent a plusieurs banques.
Tout le monde se retrouve lié par ses Prêts / Emprunts interbancaires et la faillite de l’un provoque au mieux des pertes pour les autres, au pire leur faillite.

C’est pourquoi, lors de la faillite de Lehmann Brothers, toutes les banques ont annoncé publiquement leur exposition face à Lehmann qui correspondait, entre autre, à l’argent que Lehmann avait emprunté aux autres banques de la place (ces annonces étaient également rendues publique dans un souci de ne pas perdre la confiance des autres banques et des investisseurs).

Le risque systémique contamine très rapidement tout le système bancaire et à l’heure de la mondialisation des échanges financier et au rôle incontournable des banques dans l’économie réelle, le risque systémique peut provoquer une crise encore plus profonde que l’actuelle si cette dernière n’est pas gérée comme il le faut par les banques centrales, les pouvoirs politiques et les banques elles mêmes.





Calyon plus fort que la Société Générale ?

19 03 2008

Le Scandale de la Société Générale victime d’une fraude historique en janvier 2008 a fait grand bruit mais elle n’est pas la seule.

Petit rappel, en janvier 2008, les équipes de la Société Générale CIB débouclent les positions d’un trader qui engager les fonds propres de la banque largement au dessus des limites fixées.
Le trader en question avait prit pour environ 50 Milliards d’euros de position, la fragilité des marchés en ce début d’année à fait le reste : 5 Milliards d’euros de perte !

Cependant ce cas n’est pas isolé : Août 2007, New York City au Calyon Building, un jeune trader de 26 ans engage les fonds propres de la banque d’un montant considérable (certains spécialistes parlent de 100 Milliards de Dollars) sur des indices de dérivés de crédit.
La banque déboucle la position du jeune trader entrainant une perte de 250 millions d’euros.

La Société Générale perd 5 Milliards en investissant 50 Milliards, Calyon voit partir 250 millions pour un investissement de près de 75 Milliards d’euros.

Calyon serait plus fort que la Société Générale ?

A vrai dire, il n’est pas possible de comparer ces deux fraudes pour 2 raisons majeurs :

  1. La variable TEMPS, ces deux évènements ce sont produits à plus de 6 mois d’intervalles et les conditions de marchés ont fortement évolué avec l’enchainement de la crise des Subprimes.
  2. Les produits traités sont différents, certains peuvent être plus ou moins volatiles, plus ou moins corrélés aux évènements.

Nous pouvons évidemment nous poser la question suivante : dans ces 2 cas, est-il indispensable de déboucler les positions immédiatement ? Ne vallait il pas mieux attendre un retournement des marchés afin de tirer un gain ?

Les montants engagés étaient tellement importants que le risque ne pouvait pas être pris ; les fonds propres de la banque de couvrant pas de tel montant il est certain que le régulateur aurait demandé à un débouclage immédiat.





L’organisation d’une Banque de Financement et d’Investissement

14 02 2008

L’organisation opérationnelle des banques est assez identique que l’on parle de ‘banque aux particuliers’, ‘banque de Financement et d’Investissement’ ou bien de ‘gestion d’actif’, elles sont composées de 3 grands services :

  • le Front Office
  • le Middle Office
  • le Back Office

Nous allons tout particulièrement nous intéresser à l’organisation d’une Banque de Financement et d’Investissement et mettre en avant les différents types de contrôle mis en place.

Le Front Office :

Le Front Office est composé essentiellement de la Salle des Marchés. Les traders travaillant dans la salle des marchés sont organisés par type de produit (Action, Dérivés de Taux, Trésorerie, Dérivés de Crédits, …) puis par stratégie (opérations à court terme, long terme, …).
Les traders prennent des positions sur les marchés financiers , le risque se situe donc à leur niveau.

Les produits et stratégies gérés par les traders sont vendus aux clients de la banque par les sales (vendeurs en anglais). Ces derniers sont également répartis par type de produit.

D’autres équipes sont présentes au Front Office et interviennent en support aux traders.
On y retrouve :

  • les analystes financiers qui donnent des avis sur le comportement des marchés financiers, d’un produit particulier.
  • les quants qui créent des nouveaux produits financiers qui seront exploités par les traders et vendus par les sales aux clients de la banques.
  • les informaticiens dédiés présents afin de gérer les systèmes d’informations de la salle de marché et de procurer tous les outils nécessaires aux traders.

Le Front Office est très souvent considérée comme la vitrine de la Banque.

Le Middle Office :

Le Middle Office a un rôle de gestion du risque et de validation du résultat du Front Office.

Le Middle Office est en charge de vérifier que des positions à risques, dangereuses pour la banque, ne sont pas prises par les traders.
Il effectue des contrôles sur toutes les opérations afin de vérifier les montants engagés, les contreparties avec lesquelles les opérations sont effectuées, la correcte couverture des opérations financières.
Il intervient afin d’assurer la bonne maîtrise des risques de change, de liquidité, de taux et de contreparie.

Le Middle Office est également en charge de valider le résultat du Front Office en comparant le résultat annoncé par le Front Office et celui présent dans les systèmes d’informations.

Le Middle Office a, depuis plusieurs années, un rôle de plus en plus important notamment dans le suivi des risques. Les différentes réglementations (ex : Bâles II) imposant un contrôle et un suivi très stricts.

Le Back Office :

Le Back Office est le bout de la chaine : toute opération traitée par les traders aura un impact soit sur le paiement à la contrepartie soit sur la réception du versement dû par la contrepartie de l’opération.
Il a un rôle de contrôle sur les flux de paiement entrant et sortant de la banque.
Le Back Office gère une part administrative importante.

Le Back Office est également en charge de la comptabilisation dans les comptes de la banques de toutes les opérations, des gains et des pertes.

Le Contrôle Interne :

Le service de Contrôle Interne est chargé de vérifier si les méthodes de travail dictées par la Banque sont correctement appliquées dans tous les services.

Le Contrôle Interne va donc vérifier la correcte application des procédures internes décrivant les bonnes manières de travail (‘best practices’), les contrôles à effectuer, le rôle de chacun au sein du service et au sein de l’organisation.

Il a le pouvoir de demander la mise en place de contrôles accentués sur un point particulier ou bien de redéfinir les méthodes de travail.